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Les aventures de Zouzou !

Ce blog a pour but de redonner le sourire aux lecteurs les plus tristes et à partager les frasques de votre reporter.
Nouvelle recrue - Chapitre 1

Nouvelle recrue - Chapitre 1

Dimanche, 27 Septembre 2026

- Lisa

Depuis toujours, je rêvais de devenir pilote automobile. Je voulais rouler toute ma vie, et malgré mes parents, j’étais bien partie pour le faire. Mais c’était avant. Avant l’accident. Avant la fuite. À cause d’eux, je ne voulais plus vivre. Pas après tout ce qui était arrivé. Pas après l’abandon de mes proches. Pas après tout ce qu’ils m’ont fait subir. Je me sentais seule. Extrêmement seule. Comme un bateau perdu dans un océan infini de tristesse et de colère. J’ai commencé les excès. Je faisais la fête. Tout le temps. Je buvais beaucoup. J’avais perdu foi en la vie. Je n’étais qu’une coquille vide. Jusqu’à mon accident. 

J’ai failli y passer et je me suis rendue compte que je voulais vivre. J’ai donc décidé de me relever. Bon, entre nous il m’a fallu de l’aide. Quelqu’un est venu vers moi. Une femme. Une femme dangereuse et pleine d’atouts. Une femme qui me surveillait depuis longtemps, qui connaissait mon histoire et mes démons. Une femme puissante. Une femme à la tête d’une entreprise mondiale de l’ombre à la tête d’une agence. Une agence d’espionnage, une agence qui fait sa propre justice. Une agence pour les droits de tous les exclus de la société, les malmenés. Cela fait 4 ans que je fais une formation pour rejoindre leurs rangs. J’ai dû apprendre. Beaucoup. Toutes sortes de choses. J’ai développé mes muscles, aiguisé mes sens et affiné mes déductions.

Demain, ce sera ma première véritable mission. Je me réjouis de pouvoir commencer à traquer les gens malhonnêtes et mauvais.

- Max

Je passe une main dans mes cheveux, nerveux. Je déteste le monde mondain. Je ne suis pas issu de ce monde, mais celui du milieu, j’ai eu une enfance heureuse, une enfance normale, ou presque. Mon père, parti laissa ma mère avec deux enfants, et un salaire plus que bas, à la limite du légal. 

Ce soir, la mission s’annonce difficile. Il y a beaucoup plus de monde que prévu. La salle de bal est bondée de femmes ravissantes habillées élégamment de robes toutes les plus somptueuses les unes que les autres et d’hommes en costard noir, exhibant leurs femmes tel des trophées. Je déteste ce genre d’hommes qui considèrent les femmes comme des objets à ne sortir seulement pour les « grandes » occasions. La salle est décorée à outrance. Elle est ornementée de guirlandes or, noires et blanches qui brillent de milles feux, comme des diamants. Elle comporte également des petites tâches de vert sauge ça et là, sur les chaises en bois acajou, sur les escaliers sous la formes de pots de verdures et sur la nappe de la table de banquet. Des escaliers montent à l’étage, en direction des chambres et du bureau de l’hôte, Monsieur Haft. 

Ce dernier a organisé une fête pour ses fiançailles avec Olivia Netta, une jeune mais prometteuse actrice. John Haft est un haut fonctionnaire de la société, un juriste corrompu jusqu’à la moelle. Un bel enfoiré en somme. 

Ma mission : distraire M. Haft pour permettre à mon coéquipier, Yann, de se faufiler dans son bureau pour voler des dossiers compromettants, qui nous permettront de faire tomber M. Haft. Cette ordure abuse depuis presque 15 ans de tous ses employés, les hommes comme les femmes. De nombreuses plaintes ce sont accumulées contre lui, mais rien n’y fait, il n’est pas puni par la loi, qui, soit-dit en passant, est tout à fait inutile dans ces cas. Dans notre époque, notre pays, la justice et les lois ne sont qu’apparences. Ce qui est bien dommage. Quelques secondes plus tard, je me reconcentre et entends Yann:

«  Max, tu fous quoi ?! Tu devais pas occuper de la cible,  s’agace Yann dans mon oreillette.

- Merde je l’ai perdu, je réponds en tournant sur moi-même pour essayer de le retrouver..

- Bah oui merci, je l’avais bien remarqué. Pas la peine de le chercher il vient de sortir sur le parking avec une femme, je le vois par la fenêtre.

- Merci, soufflé-je, soulagé, mais je dois m’occuper de lui avant qu’il ne fasse du mal à cette femme...

- Attends, crie soudain Yann, Je la connais. C’est la nouvelle recrue, elle nous aide à le distraire. »

- Lisa

La mission est décevante. Je m’ennuie, je suis adossée contre un mur avec un verre de champagne à la main. Cela doit bien faire deux heures que je suis ici, que j’échange des mondanités avec des femmes vaniteuses et des hommes orgueilleux. Je les observe maintenant profiter du prétexte de la soirée pour tisser des relations pour leurs entreprises et surtout pour leur « part d’ombre ». Dans cette soirée tous et toutes ont des secrets, des associations cachées, des associations qui sont plutôt des sortes de gangs au vu de leurs activités. Chaque gang a sa spécialité; le clan des Haft, par exemple, est spécialisé dans le traffic d’humain, bien qu’ils soient une immense entreprise de bijoux régnant sur la quasi totalité du marché. Il est notre cible première. 

Je sens subitement une présence à ma gauche, je tourne légèrement ma tête et me rends compte que c’est lui. Ma cible. Je dois le surveiller et l’occuper au besoin pour laisser l’autre équipe, que je ne connais pas, faire son job.

«  Bonsoir, Belle demoiselle, vous me semblez bien pensive, » m’interpelle un homme.

C’est un bel homme, qui me parle, avec des cheveux châtains soigneusement tirés en arrière et des yeux bruns ternes. Il porte une chemise blanche en lin et un pantalon ainsi qu’une veste assortie dans un bleu canard magnifique.

«  Bonsoir, dis-je avec ma voix la plus aiguë et mon sourire le plus faux, vous êtes ?

  • John Haft, pour vous servir, et vous ?
  • Jenna, Jenna Blitz, je suis une envoyée de presse pour le Tones, je dis, en masquant mon trouble que la cible soit venue jusqu’à moi.
  • Ahh je vois, voulez-vous peut-être des informations sur ma fiancée, me réponds l’homme, d’un air conspirateur.
  • Oui ! C’est exact, je réponds d’un air faussement gênée, 
  • Il n’y a aucun problèmes mademoiselle, posez vos questions, je tâcherai de répondre le plus clairement possible !
  • Je… vous… Euhh… désolée, monsieur, je viens d’être embauchée et c’est mon premier interview… Je… je vais partir, je bafouille tout en rougissant.
  • Ne vous en inquiétez pas Jenna, prenez votre temps, me susurre John Haft, une lueur intéressé dans les yeux. »

Je le savais. Il est connu pour aimer les jeunes femmes qui entrent dans la « cours des grands », les jeunes femmes qui n’ont pas d’assurance, qui se pâme pour ses beaux yeux bruns… 

«  Que voulez-vous savoir Jenna, continue-t-il, son nom, son âge, son signe astrologique, sa date de naissance ?

  • Non, monsieur je viens pour un journal on ne peut plus sérieux, je rigole, d’un air outré, Il n’y est pas question de chiffons !
  • Mais, Jenna, vous n’êtes qu’une femme… vous ne pouvez que parler chiffon, avec tout mon respect !
  • Je suis navrée, mais je ne suis pas qu’une femme, je suis une journaliste envoyée par le journal le Tones pour vous demander quelles sont les raisons de votre mariage avec Olivia Netta, j’explique d’une voix cassante.
  • Mais voyons, tout le monde sait que les femmes sont inaptes à parler de choses sérieuses, se marre-t-il, cependant, comme vous semblez vraiment avoir réponse à vos questions, Je me marie avec mademoiselle Netta par amour. Ma fiancée et moi, nous nous aimons depuis de longues années. Cependant, elle est effectivement la fille du directeur de la plus grande banque au monde. Cette union est aussi un moyen de garantir à Monsieur Netta un héritier, puisque sa fille est une femme, donc incapable de diriger une entreprise.
  • Merci de votre réponse monsieur, dis-je sèchement. »

Le téléphone de M. Haft se met subitement à sonner, et ce dernier décroche. Au fil des seconds qui s’écoulent, L’expression de M. Haft s’assombrit de plus en plus. Quand le coups de fil s’arrête, il reprend :

«  Voudriez-vous m’accompagner régler une affaire, très chère Jenna ?

  •  Oui ! Avec plaisir, Monsieur Haft, mais laissez-moi le temps d’aller me refaire une beauté aux toilettes, dis-je en souriant, en me rappelant ma mission.
  • Ah, ces femmes, toujours axées sur les apparences hein ! S’amuse-t-il en me faisant un clin d’oeil, mais allez-y mademoiselle.
  • Merci, je souffle »

Je pars vers les toilettes en lui promettant de ne pas prendre trop de temps. Une fois arrivée aux toilettes, j’y entre et referme la porte à clé derrière moi. Je soupire de soulagement en m’adossant contre le mur et me regarde par la fenêtre. Pour cette mission, j’ai dû teindre mes cheveux bruns aux reflets blonds, en noir corbeau, cacher mes yeux vert-bleus avec des lentilles brunes et enlever mes nombreux piercings aux oreilles et au nez. Après quelques minutes, je reprends mes esprits et repart vers l’homme des cavernes.

- Max

« Quoi ?! Une nouvelle recrue, mais t’es pas sérieux ?! On n’a pas besoin d’aide !

  • Je part. Je vais arrêter de bosser pour l’Agence, Max, lâche Yann, avec calme.
  • Pardon ?! Non pourquoi ? Je croyais que tu aimais ce job, je panique.
  • Ma femme va accoucher, et j’aimerai pouvoir élever notre enfant en paix. J’ai économisé suffisamment d’argent pour vivre racheter le bars de ma famille. Et cette nouvelle recrue va reprendre ma place.
  • C’est non ! Pourquoi une femme ? La seule fois que j’ai travaillé avec une femme, tu sais comment ça a fini, Alors je répète : pourquoi une femme, je suis bien mieux avec des hommes.
  • Pour cette mentalité justement. Tu as beau dire que tu es féministe, que tu respectes les femmes, que tu les admires, que tu les soutiens… mais il n’en n’est rien. Tu ne les respectes pas, pas vraiment, tu t’estimes toujours plus intelligent, plus doué, plus légitime… même moi ça me gêne et je pense que c’est une bonne idée de te mettre avec une femme, qui a du caractère, pour te remettre en place, pour te changer. C’est Angela elle-même qui a donné l’ordre de te mettre avec une femme et une nouvelle recrue. » 

Je suis abattu, j’ai honte, je pensais être respectueux des femmes, je pensais être féministe.. Je ne me voyais pas comme ça… Je me rends compte que depuis elle, je me méfie de toutes les femmes. Je dois appeler ma mère pour lui demander si j’ai toujours été comme ça ou c’est vraiment depuis elle que je me comporte de cette façon.

Je prends alors conscience que je suis toujours en mission et de surcroît planté au milieu de la salle depuis dix bonnes minutes. Je secoue les épaules et prends de bonnes respirations. Je dois reprendre le contrôle de ma colère, je ne veux pas faire capoter la mission. Je me remets en marche et sort de la salle. En sortant je tombe nez à nez à John Haft et une jeune femme radieuse. Elle est petite, ni trop grosse ni trop fine, ses cheveux sont d’un noir profond, et ses yeux auburns. Elle porte une somptueuse robe rouge carmin, légèrement décolletée et fendue jusqu’à la hanche. Une ceinture constituée de petits anneaux en bronze et or entrelacés marque sa taille. Elle me regarde droits dans les yeux, je vois à l’intérieur de ses yeux un voile, une souffrance passée.

 Soudain la voix de John Haft me parvient :

« Monsieur, monsieur, vous allez-bien ? Vous avez besoin de quelque chose ?

  • Non, non je suis désolé de mon inattention, Vous disiez ?
  • Je vous demandais votre nom, Monsieur, me répond-t-il avec indulgence. 
  • Je m’appelle Oliver Rater, le compagnon de cette jeune femme.
  • Quoi, mais Jenna vous ne m’aviez pas prévenu que vous aviez un compagnon, je suis désolé monsieur, dit-il en posant sa main sur le bras de la jeune femme.
  • Pardonnez-moi John, cette information m’est complètement passée au dessus de la tête, réplique-t-elle, en me fusillant du regard.
  • Ce n’ai rien, ma chère »

Mon oreillette grésille et la voix de Yann éclate :

« C’est bon j’ai les fichiers, on peut partir, je vois que vous parlez avec la recrue, partez ensemble je vous rejoindrais à la voiture. »

Je relève la tête je fixe du regard Jenna, qui fixe un point dans le vide. Elle entend Yann aussi donc.

« Bon, Jenna, il se fait tard, nous devrions rentrer.

  • Oui, pas de soucis mon chéri, minaude-t-elle.
  • J’ai été ravi de vous rencontrer Jenna, ainsi que vous Oliver, j’espère vous revoir jeune demoiselle, lance John.
  • Moi aussi, au plaisir de vous revoir, Monsieur, répond Jenna avec une petite courbette » Nous amorçons un mouvement, quand soudain Haft nous interpelle : 

« Attendez , je suis perplexe Oliver, vous me dites que vous accompagnez Jenna, mais vous n’avez pas le même nom famille

  • Nous allons nous fiancer bientôt, sur ce, passez une bonne soirée John Haft, » j’annonce.

Je prends ensuite la main de Jenna et part d’un pas rapide en direction de la voiture, une Mercedes-Benz noire cabriolet. Je me retourne soudain et la prends par les bras, et la plaque contre la voiture.

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